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Après Manbij, il faut sauver Alep… des obscurantistes

mardi 16 août 2016, par Alger républicain

Depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011, une partie importante de la ville d’Alep est toujours occupée par des groupes de mercenaires fanatisés qui n’hésitent pas à utiliser la population civile comme bouclier humain contre les assauts de l’armée syrienne et de ses alliés.

Autrefois poumon économique de la Syrie, Alep vit depuis 5 ans sous le règne de la guerre et de la terreur. La barbarie des fanatiques obscurantistes d’Al-Nosra, de l’Armée de la Conquête, de Daech y est utilisée pour maintenir un climat de guerre contre la classe ouvrière, les minorités, les progressistes.

Comment ne pas souligner l’hypocrisie occidentale en Syrie ? D’un côté, c’est l’appel à l’union nationale, l’État d’urgence et la porte ouverte à la xénophobie raciste, et de l’autre, c’est le soutien permanent et inconditionnel à tout ce qui de près ou de loin s’oppose au régime syrien. Oui, la bataille d’Alep est une illustration flagrante du double discours des politiciens à la solde des interventionnistes impérialistes.

Au lieu de se réjouir des victoires militaires de l’armée syrienne appuyée par l’aviation russe, les puissances occidentales n’ont eu de cesse de condamner, soit à mots couverts, soit ouvertement ces offensives.

Aujourd’hui, alors que ces forces qui utilisent l’islam, ou se cachent sous l’étendard de l’islam, pour défendre l’exploitation des travailleurs - unifiées par la crainte de perdre le verrou stratégique que représente la ville d’Alep – ont réussi à contenir l’offensive des forces militaires syriennes, les politiques et médias français n’arrivent pas à contenir leur joie.

Épuisé par 5 ans de guerre, le régime syrien a bénéficié de l’intervention russe, débutée le 30 septembre 2015. L’intervention russe en Syrie, tant décriée par les médias français, a permis de rétablir un certain équilibre des forces. L’étau s’est ainsi progressivement resserré sur les groupes mercenaires financés et armés par les puissances régionales (Qatar, Arabie Saoudite, Turquie...) et soutenus par leurs alliés occidentaux (Etats-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne...).

Évidemment, la Russie est devenue un Etat impérialiste depuis la victoire de la contre-révolution en 1990 - soutenue par les autres puissances impérialiste - et l’appropriation par des oligarques des richesses créées par la classe ouvrière et les savants soviétiques. Évidemment, elle intervient en Syrie pour étendre et protéger les intérêts géostratégiques des nouveaux monopoles capitalistes russes. Mais, d’un autre côté, l’intervention russe en Syrie agit également d’un point de vue objectif comme un facteur positif dans la protection de la souveraineté syrienne et dans la défense d’un pays envahi et occupé par les forces les plus rétrogrades qui existent dans le monde avec le soutien des puissances étrangères. A charge pour les forces progressistes de ce pays de pouvoir tirer profit des contradictions inter-impérialistes en évitant de tomber sous la domination des uns après avoir échappé à celle des autres.

Nombreux sont ceux, qui à gauche comme à droite, ont longtemps clamé Daesh = Bachar Al Assad, voir même Poutine = Daesh… Ce positionnement criminel a conduit à tromper en partie l’opinion publique sur la réelle nature des acteurs dans le conflit syrien.

Non, le régime syrien n’est pas équivalent de l’État islamique ou des autres groupes obscurantistes. Oui, il faut souhaiter la défaite de ces groupes de mercenaires fanatisés. Oui, il faut espérer que la libération de la ville d’Alep arrivera le plus tôt possible.

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Raphaël Da Silva
15.08.16


NB : le site d’information France TV a établi une série de cartes pertinentes afin de suivre la bataille d’Alep : http://geopolis.francetvinfo.fr/la-bataille-d-alep-la-carte-pour-comprendre-les-enjeux-115145