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Flambée des prix Le prix de l’huile de table inabordable

vendredi 7 janvier 2011, par Alger républicain

A quelques semaines d’intervalle, le prix de l’huile de table a connu des hausses vertigineuses, allant jusqu’à 100%, pour atteindre 950 DA la bonbonne de 5 litres. L’huile devient un produit de luxe inabordable pour une grande partie de la population.

La hausse des prix de la matière première sur le marché internationale n’explique pas tout.

Tous les intervenants dans le circuit se sucrent aussi. Pourquoi les marges des différents intervenants ne sont pas connues et communiquées à la population ?

Le patron de Cevital pointe le doigt vers les commerçants qui spéculent en prenant une marge excessive ou sur l’État qui impose une taxe de 17% sur la valeur ajoutée.

Il aurait fallu aller plus loin en rendant publique la marge prise par les industriels qui « remplissent les bouteilles » après une petite transformation des matières premières.

Il y a des positions dominantes sur le marché pour ne pas dire de monopole et Cevital déclare détenir 75 % du marché algérien et une capacité de production couvrant 145% des besoins nationaux. Peut-on avoir la balance des devises entre les sorties (importation des matières premières) et entrées (exportation de produits finis sur le marché mondial) pour un peu plus de transparence ?
Il est certain que la mise à mort de l’industrie publique et l’ENCG (entreprise nationale des corps gras) a permis toutes les dérives sur les marchés et les prix. Ce n’est que maintenant qu’on assiste à la réapparition timide de l’huile Safia.
Que de temps perdu aussi dans l’absence d’une politique de production des graines oléagineuses.

Une politique de classe

Que fait le gouvernement devant une situation catastrophique ou tous les prix des produits de première nécessité flambent ?
Il annonce qu’il ne supprimera pas la TVA sur les matières premières importées, mais qu’il étudie la situation … et les mesures à prendre.
Pourtant le gouvernement avait annoncé le mois de janvier dernier, lors des premiers envols des prix qu’un fonds spécial allait être créé pour contenir la flambée des aliments de première nécessité. Le ministre du Commerce avait parlé d’« un fonds national de subvention des prix dont l’objectif est de parvenir à un plafonnement des prix des produits alimentaires de grade consommation et d’intervenir à chaque fois que les prix de ces produits connaîtront une augmentation sur le marché »

Il était même question, sur la base des déclarations du ministre de fixer le prix de 5 litres d’huile de table ? 450 da et de ramener celui de tous les légumes secs à 100 DA le kg.

Depuis, le prix de l’huile a doublé et rien n’a été fait.

Le gouvernement et son syndicat unique ne bougent pas alors qu’il y a le feu à la maison et qu’on n’est pas loin d’une situation explosive.
Ils s’en tiennent encore à leur pacte économique et social, mort né et à une augmentation de salaire de la fonction publique, sensée couvrir l’inflation antérieure, toujours non appliquée à ce jour.

Le front social brûle alors que le pouvoir est en train de jeter toutes ses énergies dans la campagne pour un troisième mandat. Une situation dramatique !

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Redouane Mimouni

(Article publié dans Alger républicain de septembre 2008.