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La relance de l’industrialisation ne peut être l’œuvre de la bourgeoisie

mardi 19 avril 2016, par Alger républicain

Les revenus tirés de l’exportation des hydrocarbures constituent l’essentiel de notre économie, ne cessent de le répéter dans leurs déclarations hypocrites les différents gouvernements qui se sont succédé. Relancer un processus d’industrialisation véritable demeurera un vœu pieux tant que toutes les équipes dirigeantes font allégeance au capitalisme et refusent de mécontenter l’impérialisme.

La bourgeoisie algérienne n’est pas en reste des déclarations tonitruantes sur d’éventuelles possibilités de production de nature à satisfaire le marché national et d’exporter. Ses prétentions à vouloir rivaliser avec les bourgeoisies occidentales n’ont d’égale que son indigence.

Ses secteurs de prédilection sont ceux de la transformation des matières importées en produits de consommation. Activité qui relève en fait du conditionnement, à la rentabilité immédiate et sans risques. Ses déclarations aussi tapageuses qu’illusoires quant à ses possibilités de création, de production et d’exportation ne sont que des phrases.
Elle a pourtant été choyée par son régime. Elle a bénéficié d’énormes ressources et sans contrepartie : aides financières souvent non remboursées, travailleurs sous-payés et pour la plupart non déclarés aux organismes sociaux, fraude fiscale et impôts non réglés ... et elle n’a pas non plus fouetté l’emploi. Le chômage demeure endémique.

La bourgeoisie n’a pas joué son rôle dans la production et l’emploi. Alors qui doit jouer ce rôle, si ce n’est un secteur public géré et planifié par un pouvoir représentant les travailleurs et les classes laborieuses ? Avec le pouvoir actuel ou avec la prétendue "opposition démocratique", les secteurs publics dans l’industrie, l’agriculture et les services continueront soit à être démantelés soit à être mis en jachère en attendant une nouvelle opération de bradage.
On a assisté à la démolition progressive du tissu industriel créé à coups de luttes et de privations, n’en déplaise aux détracteurs de "l’économie développementiste", les valets des multinationales et des pseudos industriels, champion de l’emballage et du conditionnement et consommateurs gloutons des aides de l’Etat.

L’accumulation de capitaux colossaux, due à un prix du pétrole particulièrement favorable des dernières années, n’a permis de lancer aucun investissement industriel, seul créateur de richesse et d’emplois, et qui seul assurerait à terme la souveraineté économique.
La chute des prix du pétrole crée aujourd’hui la panique. Alors que l’Etat n’a pas orienté vers la relance industrielle les 190 milliards dollars de réserves en devises dont il disposait fin 2013, la situation que le régime prépare aux masses populaires sera désastreuse si elles se laissent faire ou si elles se laissent entraîner dans des opérations de diversion.

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KH.S.

19.04.16