Le ministre du Commerce fait une importante révélation En fait un secret de Polichinelle !

vendredi 13 novembre 2015
par  Alger républicain

Notre ministre du Commerce, Bakhti Belaïb nous a appris un grand secret d’Etat. A la vérité, à l’écouter il semble que ce secret avait été bien gardé jusqu’à présent puisque personne ne s’en serait douté, feint-il de croire.

Il vient, au cours d’une émission de radio le 8 novembre, non pas de dénoncer mais de déclarer sans entrevoir de solution, les transferts « illicites » de devises vers l’étranger. Cela concernerait les importateurs qui s’imaginent tout permis, comme si cela ne se savait pas, en oubliant de mentionner la complaisance de certains clans de la bourgeoisie pour ne pas dire de tous ceux qui sont partisans du système. La preuve de ces trafics ? Le montant de ces transferts illicites serait de l’ordre de 30 % du commerce extérieur, au total selon son évaluation de 18 milliards de dollars. Fallait-il être aveugle pour ne pas s’en être aperçu plus tôt. Non, car aux yeux des spéculateurs tout va bien dans le meilleur des mondes. C’est finalement bien peu, n’est-ce pas puisque nos importations, produits de luxe y compris, se montent en 2015 à plus de 60 milliards de dollars.

Les spéculateurs, ces ingrats, se seraient même crus obligés de dissimuler une partie de leurs combines, notamment avec les factures bidon. Le ministre a même avoué que cela ne concerne que « la partie visible là ou des contrôles ont été effectués ».

Pourquoi ces contrôles n’ont pas été et ne sont-ils pas généralisés ? se diront les naïfs. Mystère, pas de réponse !

Pourtant il serait intéressant que l’on sache, même de manière approximative, ce que cache l’autre face, celle de la « partie invisible ». Les secrets sont-ils si bien gardés que l’on n’en sait rien. Vraiment rien ?

Ce ministre si bien informé a, naïvement et sans gène aucune, déclaré que la légalisation (lisez libéralisation) du commerce extérieur a permis d’éviter les pénuries récurrentes que connaissait notre pays avant la libéralisation de ce secteur de l’économie. Pénuries récurrentes de produits de luxe, ceux qui rapportent gros ? Ça, il ne le précise pas.

Bien sûr, les importations de Mercédès, de 4x4 tous terrains et autres BMW sont aujourd’hui bien plus faciles à la grande joie des travailleurs qui s’extasient devant la beauté et la qualité de ces beaux engins, peut-être gourmands en carburant mais cela n’est pas un argument sérieux dans un pays riche en hydrocarbures. Pourquoi ne pas permettre de satisfaire les envies de ceux qui ont les moyens de se payer de tels caprices s’ils ont de l’argent ? Il est inutile de se poser de telles questions à leur propos, il faut réfléchir un peu : en réalité, s’ils ont réussi à « gravir les échelons de la société », ils le doivent surtout à leur ténacité, à leur ardeur au travail, donc à leurs efforts salutaires pour notre économie et non pas seulement aux surfacturations et autres combines que permet l’importation. L’Algérie est aujourd’hui un pays de liberté, donc que chacun fasse l’effort de gagner assez de dinars et de devises pour s’offrir aussi ces beaux véhicules et autres fantaisies de luxe. Et pourquoi ces gens si riches ne s’offriraient-ils pas de belles villas sur les plus beaux sites du pays ou même des appartements de luxe ou de belles maisons dans les beaux quartiers des capitales étrangères ? En vertu de quoi on leur interdirait de déposer leurs gros pactoles dans des pays off-shore ? Chacun pour soi est le meilleur des principes, ce sont les paresseux et les envieux qui les jalousent par ignorance !

Ainsi vont les choses dans un système capitaliste, le seul, selon leurs mensongères justifications, capable de satisfaire les besoins de tout un peuple, y compris ceux des masses populaires, parce que sans patron, sans secteur privé, il n’y a pas de travail, affirment sans rire les soutiens de ce régime.
Avec l’augmentation des importations et l’extension de la spéculation l’Algérie aurait perdu depuis 2010, en cinq ans seulement, tenez-vous bien, 100 milliards de dollars ! Alors que depuis l’indépendance, c’est-à-dire, en plusieurs décennies, avant le plongeon sans frein dans le capitalisme, les importations s’étaient élevées à 130 milliards de dollars souvent, à cette époque, investis dans l’industrie.

Que penser de tous ces chiffres ? C’est sans intérêt diront les pontes du pouvoir et leurs complices de classe pour faire passer la pilule. Et ce n’est pas la pétition des « 19 » « apolitiques » adressée au Président pour obtenir une audience qui changera quelque chose, il ne faut pas rêver !

Evidemment les masses laborieuses ne raisonnent pas de la même manière. Elles le proclament tous les jours d’une manière ou d’une autre, arrêts de travail, barrages de routes, rassemblements, etc. etc. Ces actions ne visent pas à mettre en garde le Président de ce qui ne va pas dans le pays, il en est informé depuis longtemps, mais à réclamer, dans tous les domaines, la satisfaction de leurs besoins.

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Malik Antar

13.11.15


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