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Retrait des troupes US de l’Afghanistan : défaite de l’impérialisme ou redéploiement stratégique ?

lundi 11 octobre 2021, par Alger republicain

La machine médiatique mondiale de la bourgeoisie pleurniche sans fin sur le sort des pauvres Afghans abandonnés par l’armée américaine après son retrait de ce pays. C’est le comble de l’ignominie. Faire croire que l’armée américaine était venue en Afghanistan pour aider les Afghans c’est continuer à prendre les gens pour des imbéciles.

Pendant plus de 20 ans, l’armée américaine appuyée par ses supplétifs de l’OTAN, a pilonné à coup de bombes ce pays, laissant sur le terrain des milliers de morts civils et occasionnant une destruction massive et sans précédent des infrastructures. Malgré cela les talibans sont toujours là. C’est à croire que la plus puissante armée du monde était incapable de vaincre une bande de criminels mal armés. Il y a de quoi se poser des questions quand on sait que les talibans étaient leur anciens alliés dans la contre-révolution obscurantiste pour renverser le régime progressiste qui avait été porté au pouvoir en 1978 par les couches sociales démocratiques de ce pays.

Mais toute cette mafia de médias et de béni oui oui occidentaux des journalistes qui se lamentent sur le sort des Afghans n’ont jamais rien dit ni rien vu.

Quelques faits historiques importants sont à rappeler pour comprendre les événements qui se déroulent en Afghanistan

C’est la victoire de la révolution d’Octobre en 1917 et la naissance du premier Etat socialiste dirigé par les travailleurs qui a provoqué la panique généralisée des féodaux et des bourgeois de tous les pays. Plus de 14 pays capitalistes avaient envoyé leurs armées pour tuer dans l’œuf cette révolution inégalée. En vain. Ils avaient échoué lamentablement. C’était un événement très dangereux pour les régimes capitalistes et ils s’étaient coalisés pour détruire par tous les moyens le premier Etat ouvrier socialiste dans le monde. Dès de le début des années 1920 l’URSS et l’Afghanistan avaient établi des rapports amicaux qui avaient permis à ce pays de se défaire de la mainmise britannique.

Le leitmotiv de la grande bourgeoisie américaine, la plus féroce et la plus impitoyable du monde, avide de profit sans limite, c’est le communisme et c’était surtout l’Union Soviétique. Elle a mobilisé toute sa puissance militaire et déclenché une véritable guerre contre tous les pays qui veulent instaurer le socialisme ou instaurer tout simplement une politique qu’elle juge contraire à ses intérêts. Elle se prend pour le nombril du monde et veut dominer toute la planète sans retenue. La bourgeoisie allemande obsédée par la même idée avait elle aussi chargé Hitler de détruire l’URSS. Avec les conséquences que tout le monde connaît.

La stratégie de défense et de sécurité de l’impérialisme US est explicite. Elle est définie par un noyau dur d’une dizaine de personnalités de haut rang, appuyées par de gigantesques multinationales, genre Blackwater, Halliburton où tous ces gens se sentent à l’aise. Voici les noms de quelques uns de ces diaboliques faucons de Washington responsables des guerres contre les peuples :

 Paul Volfowitz, homme politique de premier rang, anti-soviétique forcené, pro-israélien et anti-palestinien et chargé bien sûr d’autres fonctions très importantes, en particulier celle d’utiliser le mensonge comme arme légale pour manipuler les opinions publiques.

 Dick Cheney, G. W Bush, Bush JR, Condoleezza Rice, Donald Rumsfeld, Zbigniew Brzezinski, Kissinger, tous ces gens ont le même pédigrée. D’autres seconds couteaux naviguent sous leurs ordres. Ce sont ces politiciens les plus réactionnaires, hommes et femmes au service de l’oligarchie financière, démocrates ou républicains, qui dirigent vraiment les Etats-Unis. Les présidents ne sont que des marionnettes entre leurs mains. Ils forment le think tank ultra-réactionnaire « Project for the New American Century » - PNAC « Projet pour un nouveau siècle américain »- dont le but est de promouvoir le leadership global de l’impérialisme US au XXIe siècle. Et pour confirmer leurs actes, ils ont pondu un document pour affirmer l’hégémonisme américain, que « les États-Unis doivent devenir la seule superpuissance mondiale et doivent prendre des mesures agressives pour empêcher les nations concurrentes – même des alliés tels que l’Allemagne et le Japon – de contester la suprématie économique et militaire des Etats-Unis. Nous devons maintenir le mécanisme visant à dissuader les concurrents potentiels d’aspirer même à un rôle régional ou mondial plus important. » Ce document est la bible du Conseil National de Sécurité des USA.

Il ne fallait plus jamais qu’une puissance concurrente type URSS surgisse. Ce qui explique toutes ces guerres préventives, les assassinats ciblés de militants progressistes, les coups d’État et les fameuses « révolutions colorées » exécutés sur l’ordre de ces faucons de Washington.

Rappelons quelques uns de leurs crimes de masse les plus abominables :

 La Guerre de Corée, un massacre à grande échelle d’une population dont le seul crime fut de refuser l’invasion de son territoire en 1945 et la prétention des dirigeants US de lui imposer ses dirigeants par le fer et le feu. Les USA ont coupé le pays en 2 parties devant leur échec à installer leurs marionnettes sur l’ensemble de ce pays martyrisé par la guerre qu’ils lui avaient faite jusqu’en 1951.

 La guerre du Vietnam où ils avaient pris le relai de l’impérialisme français après 1956. Ils ont subi une défaite cuisante en 1975. Mais le Vietnam a été totalement détruit par l’utilisation de millions de litres d’agent orange tuant tout, les hommes, femmes, enfants, la faune et la flore du pays.

 En Amérique latine : l’opération Condor où près de 30000 militants syndicalistes, communistes, démocrates progressistes ont été assassinés. Le coup d’État de Pinochet au Chili en 1973 et l’assassinat de son président démocratiquement élu mais coupable d’avoir mis la production et l’exportation du cuivre, le « salaire des Chiliens », au service du développement de son pays et du bien-être de ses masses laborieuses.

 Aux USA même : l’assassinat de Ethel et Julius Rosenberg, accusés d’avoir transmis à l’URSS des plans secrets sur la fabrication de l’arme nucléaire .

 Tout récemment : la deuxième invasion militaire de l’Irak déclenchée en 2003 sur la base d’un sinistre mensonge. Le pays est détruit et occupé par les USA et l’OTAN. Idem pour la Libye et la Syrie. Et en dernier l’Afghanistan qui fait l’actualité aujourd’hui. En plus, les USA possèdent 270 bases militaires dans le monde.
Pour en revenir à la guerre en Afghanistan, tout d’abord c’est toujours le même prétexte : « lutter contre le communisme ».

Mais pourquoi cette présence US a-t-elle duré plus de 20 ans avec les conséquences que l’on connaît ?

Ce pays n’avait rien demandé à personne. Mais voilà, il avait été dirigé pendant un temps, de 1978 à 1992, par une alliance de communistes et de progressistes, jouissant de l’appui de leur peuple, malgré son éparpillement entre une multitude d’ethnies servant de proie aux manoeuvres impérialistes pour les dresser les unes contre les autres. Ce régime était soutenu par l’Union Soviétique qui avait lancé un vaste plan de coopération économique fondé sur l’exploitation et la transformation de ses richesses minières. Ce nouveau régime avait été porté à la tête de ce pays en avril 1978, par une véritable révolution démocratique animée par les forces de progrès internes pour libérer leur société de son extrême état d’arriération, abolir les structures pré-capitalistes surannées et les rapports de soumission féodaux. Il avait entrepris de moderniser le pays en commençant par une réforme agraire qui mettait fin à la fois à la domination économique de très gros propriétaires fonciers exploiteurs féroces de « khammas » à vie et à leur pouvoir politico-social religieux obscurantiste devenu un frein à tout progrès social. Il a pris des mesures pour améliorer de façon constante la situation sociale de la majorité de la population. Il a instauré l’éducation universelle et assuré l’égalité entre les femmes et les hommes, lancé de grandes campagnes d’alphabétisation, notamment parmi les femmes. Insupportable pour la puissance américaine et ses sbires ! Leur ennemi c’est le communisme, mais aussi tout ce qui constitue un pas véritable dans le sens du progrès social et du respect de la souveraineté des peuples. L’inhumain blocus de Cuba en est le symbole. Toute personne qui se lance dans ce chemin est systématiquement qualifiée de « rouge » et mieux vaut mort que rouge. Et même quand le régime socialiste est renversé, les plumitifs de la bourgeoisie, comme BHL et André Glucksmann qui ne dorment jamais d’un sommeil tranquille, continuent à crier avec effroi que « le cadavre du communisme vit encore ».

La politique de la canonnière est une seconde nature des USA première puissance impérialiste et leurs caniches que sont la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et d’autres pays européens vassalisés.

C’est pour briser le régime progressiste dès les premiers mois de la révolution démocratique que la guerre d’Afghanistan a commencé. Les USA ont été d’autant plus affolés par cette révolution dirigée par des hommes échappant totalement à leur influence qu’ils étaient en train de se préparer à installer des missiles nucléaires de type Pershing sur le territoire de ce pays à proximité des frontières de l’URSS, bastion du socialisme et leur ennemi juré. Pour arriver à leurs fins, ils vont mobiliser derrière eux tous les régimes monarchiques et théocratiques musulmans effrayés par un rapport mondial dont la perspective allait être celle de leur renversement et l’avènement de régimes républicains. Soutenus par tous les autres Etats impérialistes, y compris par le pays des « Lumières », les USA lancent une nouvelle sainte-alliance en rameutant les obscurantistes de tous les pays. Ces pantins seront d’abord gratifiés du qualificatif de « moudjahidine », clin d’oeil hypocritement raccoleur à la guerre de libération de l’Algérie, avant être surnommés péjorativement de « talibans » quand cette nouvelle horde s’en prendra à eux. Les USA recruteront dans ce but Khetmetiar et Massoud, ainsi que le richissime Oussama Ben Laden, homme lige de l’Arabie Saoudite, Etat le plus réactionnaire de la région. La CIA lui confie la tâche de recruter des combattants islamiques les plus fanatiques dans tous les pays musulmans et de récupérer des fonds pour faire tomber le régime afghan et combattre l’armée soviétique venue soutenir l’Afghanistan devenu la cible prioritaire des USA sur leur échiquier mondial. Ils ne réussiront dans leur entreprise de déstabilisation mortelle que grâce à la trahison de Gorbatchev qui va retirer en 1989 les 25000 soldats soviétiques de ce pays en abandonnant lâchement les démocrates progressistes et les communistes afghans à leur sort. En 1992 l’alcoolique Eltsine, homme des oligarques russes, coupera toute aide matérielle et financière à l’Afghanistan pour plaire aux USA. Par cette décision il cherchait surtout à obtenir leur soutien dans sa lutte intérieure contre les Soviétiques refusant la restauration du capitalisme. Sous la houlette du représentant de l’ONU, l’Algérien Lakhdar Brahimi, Eltsine signe un accord avec les islamistes dans lequel il soutient leur projet d’instauration d’un Etat islamique. Malgré ce retrait il faudra encore des années d’ingérence ans avant que les Talibans, formés et armés par le Pakistan sous-traitant des USA, ne prennent en 1996 Kaboul. Les démocrates et communistes sont pourchassés, assassinés atrocement, égorgés ou pendus. Nadjiboullah, le secrétaire du PC d’Afghanistan qui a résisté courageusement, est pendu au haut d’une grue. Ainsi le voulut la loi du « Monde libre » associé, en contradiction flagrante avec ses slogans pompeux sur les « droits de l’Homme », aux pires dictatures et monarchies de la planète pour écraser ceux qui menacent les privilèges de la ploutocratie internationale.

Il faudra sans cesse rappeler à tous ceux qui ne veulent pas l’entendre et qui ont la mémoire courte, le tapage médiatique de cette ploutocratie occidentale sur les « merveilleux combattants islamiques ». Ce merveilleux « mondre libre » les a catalogués de « combattants de la liberté », de résistants à « l’invasion soviétique ».

Ils étaient reçus en grande pompe dans les officines du pouvoir, lesquels ont déversé des flots de louanges infâmes à ces égorgeurs car ce sont bien des barbares. Aujourd’hui ils versent des larmes de crocodile sur les femmes afghanes. Mais quand ils soutenaient la clique obscurantiste de Massoud - un vitrioleur notoire de ses camarades filles du lycée français de Kaboul en révolte contre la burka - de Khatmatiar et de Ben Laden, contre le régime progressiste afghan, il n’y eut pas un mot dans leurs médias sur les 3000 afghanes égorgées pour avoir commis le crime d’apprendre à lire et à écrire dans les écoles d’alphabétisation ouvertes par le régime révolutionnaire.

Les Talibans, un fruit vénéneux de l’alliance des USA avec le Pakistan féodal et intégriste

Il est avéré que les origines des talibans proviennent du projet de la CIA, initié par le conseiller à la sécurité de Carter, Zbigniew Brzezinski, en 1979, visant à recruter et à armer des islamistes fanatiques du Pakistan, d’Afghanistan et même d’Arabie saoudite, pour mener une guerre irrégulière contre l’Armée rouge soviétique alors en Afghanistan. La CIA l’a baptisée Opération Cyclone et celle-ci a duré dix ans jusqu’à ce que l’Armée rouge se retire en 1989. Un agent saoudien de la CIA, Oussama Ben Laden, avait été amené au Pakistan pour travailler avec les services de renseignement pakistanais de l’ISI afin d’attirer de l’argent et des éléments obscurantistes des États arabes dans la guerre. Un nombre important d’étudiants pachtounes afghans fanatisés appelés talibans ou « étudiants en islam » ont été recrutés dans des madrassates religieuses, au Pakistan où l’ISI les protégeait.

Il faut aussi rappeler que ce n’est pas la première fois que les islamistes intégristes ont été utilisés pour lutter contre le communisme. Hitler avec toujours la complicité des USA et des Français, a recruté des intégristes dans les pays musulmans de l’URSS. Ils espéraient tous par ce stratagème détruire ce pays. Les Allemands ont réussi à constituer une véritable armée de plusieurs milliers de réactionnaires sous un étendard vert contre l’armée rouge. Mais Hitler n’était pas fou, il ne les avait pas équipés avec le même armement que les troupes de la Wehrmacht de peur qu’ils retournent leurs armes contre sa propre armée. Bien sûr ils seront décimés par l’armée rouge.

Les membres du mouvement obscurantiste des talibans qui ont pris le pouvoir en Afghanistan ont bien été financés à l’origine par les États-Unis et l’OTAN et formés dans des camps militaires pakistanais. Ils avaient été aussi formés spécifiquement pour combattre le gouvernement socialiste de Nadjiboullah, président de la République démocratique d’Afghanistan, qui était soutenu par l’Union soviétique à l’époque. C’est une première guerre qui va durer de 1979 à 1989.

L’OTAN, les États-Unis et la RFA ne se sont jamais préoccupés des « droits de l’Homme » et du développement pacifique de la région. Évidemment on ne peut pas toujours massacrer des peuples à coup de bombes impunément et sans conséquences. Les Américains l’ont payé très cher avec l’attentat dévastateur du World Trade Center du 11 septembre 2001. Suivant l’enquête, ils vont accuser Oussama Ben Laden, qui était toujours un agent de la CIA, d’être le premier responsable et l’organisateur de cette opération suicide. Il était donc devenu l’homme le plus recherché de la planète. Mais voilà, Oussama Ben Laden va se réfugier en toute sécurité chez les talibans en Afghanistan. Les Américains vont demander l’extradition d’Oussama Ben Laden mais les talibans, leurs alliés, refuseront de le leur livrer. Nous sommes en 2001, c’est G. W. Bush, président des États-Unis à l’époque, qui, pour les punir, leur déclare la guerre sous un nouveau slogan stratégique « la lutte contre le terrorisme » qualifiant cette fois et pour la première fois de terroristes ses anciens alliés.

Ce fut une guerre larvée, les Américains n’ayant jamais eu vraiment l’intention de combattre les talibans. Malgré la puissance de feu de l’armée américaine, il n’y a jamais eu de vrai combat et en face il n’y avait pas une vraie armée. Pour les Américains, l’occupation de l’Afghanistan était avant tout une position stratégique. La mission de l’OTAN, car c’est avant tout une mission de l’OTAN, ne visait pas à faire respecter les « droits de l’Homme », thème classique éculé de la propagande impérialiste pour faire accepter les ingérences militaires par les naïfs formatés par les médias de la ploutocratie. Il s’agissait de positions militaires et stratégiques, d’accès aux routes commerciales et aux matières premières. Il s’agissait aussi d’encercler la Fédération de Russie et de changer de régime en Iran, de soumettre la région et de s’opposer à tout développement allant à l’encontre des intérêts de l’impérialisme.

La question qu’il faut se poser est : pourquoi les Américains se sont-ils retirés de l’Afghanistan ?

Ce n’était certainement pas une défaite militaire comme certains voudraient le faire croire, les talibans n’avaient absolument pas les moyens de battre une des plus puissantes armées du monde. Contrairement aux guerres de libération nationale, telles que celles des peuples vietnamien et algérien, guerres engagées par des peuples opprimés contre leurs oppresseurs, et dans lesquelles se sont de grandes masses de gens qui mènent le combat, les actions armées des « talibans » sont des actions d’une minorité de réactionnaires visant à dominer leur peuple et à le ramener loin en arrière, hors des chemins du progrès historique, contre la grande majorité du peuple auquel ils cherchent à s’imposer par la terreur la plus extrême et la plus barbare.

Le retrait des soldats US, et non des USA en tant que puissance impérialiste continuant à intervenir de différentes façons dans la région, ne peut être qualifié de défaite stratégique comme pourrait le considérer une analyse fondée sur les seules apparences façonnées par la propagande des médias. On parle aussi des dépenses faramineuses de cette guerre, mille milliards de dollars, mais ce n’est pas non plus la cause du départ de l’armée américaine. Toutes les dépenses de guerre ont été réglées en partie par l’OTAN et d’autre part, malheureusement par l’ONU. Et puis, 20 ans de guerre, cela ne se décide pas d’un coup de tête, les dirigeants américains ne sont pas si fous.

C’était aussi une guerre économique, les multinationales de l’armement des USA et d’autres ont tourné à plein régime et ont engrangé des milliards de dollars de profits.
Quand on parle de défaite, il faut savoir de quoi on parle, comparer cette soi-disant défaite à la débâcle de Saigon au Viêtnam, c’est se moquer du monde. Si les Américains avaient voulu liquider les talibans, ils en avaient les moyens de le faire en quelques mois seulement. Il leur aurait suffi de faire pression sur leurs alliés que sont l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Emirats, le Pakistan et la Turquie, laquelle est membre de l’OTAN, pour qu’ils cessent d’aider et d’armer les talibans, et au besoin de soumettre ces pays à de lourdes sanctions économiques et politiques pour les obliger à s’exécuter séance tenante. Comme ils savent le faire pour mettre à genoux des peuples qui dérangent sérieusement leur ordre dominateur.

Le retrait de l’Afghanistan de l’OTAN n’est pas fortuit. Du fait de la disparition de l’URSS, c’est avant tout un changement de stratégie globale. L’ennemi principal des USA dans cette région, ce sont aujourd’hui la Chine et la Russie. C’est un redéploiement de la stratégie de sécurité nationale vers l’Asie et le Pacifique.

Les États-Unis et leurs alliés font désormais tout leur possible pour empêcher la Chine de devenir une puissance mondiale. Les forces précédemment déployées en Afghanistan et dans les environs sont désormais retirées afin de créer un rempart contre la Chine dans la région du Pacifique. Et éventuellement de pousser les talibans à mener des provocations contre la Chine voisine sous prétexte de porter secours aux musulmans Ouighours prétendument persécutés pour leurs croyances à en croire la propagande impérialiste. Paralyser l’exploitation des champs pétroliers du Xinjiang ne déplaîrait pas aux USA. Ce n’est donc pas une défaite militaire mais bien un changement crucial de politique.

Appliquer en toutes circonstances la doctrine Wolfowitz de la suprématie absolue des USA sur le monde

Dès le 8 mai 1992, le New York Times parle d’un rapport secret du Pentagone connu ultérieurement sous le titre de la doctrine Wolfowitz (lire plus haut un extrait de ce document) d’après le responsable du Pentagone qui servait comme auxiliaire du secrétaire à la Défense de l’époque Dick Cheney. Paul Wolfowitz toujours lui - il est partout - avait été chargé par Cheney de définir une nouvelle posture militaire américaine mondiale après la victoire de la contre-révolution en URSS et l’arrivée au pouvoir de valets des USA dans la plupart des anciennes fédérations de l’Union soviétique. Une doctrine qui a été utilisée pour justifier les invasions américaines de l’Afghanistan et plus tard de l’Irak.

Alors qu’ils sont les ignobles responsables de la destruction d’un pays entier et d’un désastre incalculable, ils vont abandonner l’Afghanistan sans état d’âme, dans un cynisme sans pareil. Laissant un pays exsangue et sans consulter le peuple afghan, ils ont livré le pays clés en main et un impressionnant arsenal militaire aux égorgeurs. Mais les Américains ne quittent pas le pays les mains dans les poches. Ils ont bien négocié leur départ en accord avec les talibans, toujours leurs alliés. On ne connaîtra jamais le contenu de ces accords et pour cause les talibans vont continuer leur action barbare et vont devenir le fer de lance de la politique américaine dans la région et même ailleurs.

Comme on le constate, c’est la continuité de la politique agressive américaine à la virgule près, entre l’administration Trump et Biden et ce qui les unit sans contexte, ce sont bien les intérêts puissants de la bourgeoisie monopoliste financière liés au complexe militaro-industriel à la recherche du profit maximum.

Malgré la fin de la guerre, le peuple afghan n’est pas sorti des graves conséquences de l’occupation américaine. Maintenant les talibans sont au pouvoir et vont continuer leur sinistre besogne, égorgeant tous les opposants sans retenue, menant une politique au seul profit des plus riches et enrobant cette politique dans des versets coraniques interprétés et appliqués sous la dictée des féodaux et des bourgeois. Ils vont aussi jouer comme Israël, le rôle de gendarme dans la région et ailleurs. De centre de recrutement et d’entraînement d’éléments déclassés fanatisés manipulables au gré des objectifs régionaux de l’Oncle Sam, des plans de ses services subversifs.

Une autre guerre commence, mais cette fois ce sera une guerre de libération nationale. Elle sera tôt ou tard menée par le peuple afghan tout entier pour chasser les talibans du pouvoir et édifier un pays libre dans la renouement avec la voie que les communistes afghans glorieusement tombés en martyrs avaient commencé à tracer en tenant compte des réalités de ce pays et de son environnement.

US GO HOME !

VIVE L’AFGHANISTAN LIBRE ET PROGRESSISTE !

LIÈS SAHOURA