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Cuba : un phare de résistance et d’espoir pour l’humanité

mercredi 8 avril 2026, par Alger republicain

« Ceux qui abandonnent Cuba renoncent aussi à la possibilité d’un autre monde. » Cette formule, aussi tranchante que lucide, résume le moment historique que nous traversons. Elle ne concerne pas seulement une île assiégée depuis des décennies, mais l’ensemble des forces qui prétendent aujourd’hui contester l’ordre impérial sans en affronter réellement les fondements.

Depuis la fin de la guerre froide, un discours séduisant s’est imposé dans certains cercles politiques et intellectuels : celui de la « multipolarité ». Selon cette vision, l’émergence de nouvelles puissances économiques suffirait à équilibrer le monde, à contenir les guerres, à réduire les inégalités et à ouvrir un espace plus juste pour les peuples du Sud. Mais derrière cette promesse se cache une illusion dangereuse.
Car les faits sont têtus. Face aux grandes tragédies contemporaines : destruction de Gaza, blocus criminel contre Cuba, pressions contre le Venezuela, menaces contre l’Iran, les puissances dites « émergentes » se sont révélées incapables, ou peu désireuses, de rompre avec les logiques dominantes. Elles protestent parfois, négocient souvent, mais agissent rarement en rupture. Leurs intérêts économiques, leur insertion dans le marché mondial et leur dépendance aux circuits financiers internationaux les ramènent toujours à la même réalité : celle d’un système capitaliste global qu’elles ne cherchent pas à abolir, mais à exploiter à leur avantage.
C’est là que le bât blesse. On ne combat pas l’impérialisme en se contentant d’en redistribuer les cartes. On ne met pas fin aux guerres en acceptant les règles qui les produisent. Et on ne défend pas les peuples en abandonnant ceux qui, comme Cuba, incarnent encore une résistance concrète, fragile mais déterminée, à l’ordre établi.
Cuba n’est pas seulement un pays. C’est un symbole vivant d’une autre voie : souveraineté populaire, solidarité internationale, priorité à la santé, à l’éducation et à la dignité humaine plutôt qu’au profit. Malgré un blocus impitoyable et une asphyxie économique organisée, Cuba continue d’envoyer des médecins là où d’autres envoient des armes. Dans ses écoles et ses hôpitaux, l’accès universel au savoir et aux soins forge une génération consciente de ses droits et capable de bâtir un avenir plus juste. Elle montre que l’autre modèle social est possible, même dans des conditions extrêmes.
Cette résistance cubaine n’est pas une simple posture symbolique. Elle démontre concrètement que le socialisme n’est pas une utopie, mais un projet capable de répondre aux besoins fondamentaux des peuples. Dans un monde où la logique du profit domine tout, Cuba prouve que la solidarité, la justice sociale et la planification économique peuvent assurer une vie digne pour tous, même face à l’adversité.
Et c’est précisément pour cela qu’elle est abandonnée par beaucoup. Ceux qui invoquent la multipolarité tout en laissant Cuba affronter seule l’embargo acceptent implicitement que les règles soient fixées par les puissances dominantes. Ils renoncent à transformer le système et se contentent d’y négocier une place plus confortable.
L’histoire ne se fait pas à coups de compromis. Les grandes conquêtes sociales : abolition du colonialisme, droits sociaux, avancées démocratiques ont été arrachées contre les logiques dominantes, par des luttes populaires et des ruptures assumées. Ces conquêtes n’ont jamais été offertes par des puissances intéressées à préserver leur hégémonie ; elles ont été obtenues par la mobilisation des peuples, par la solidarité et la détermination collective.
Aujourd’hui encore, les causes profondes des guerres, de la pauvreté et des inégalités sont claires : un système fondé sur l’exploitation, la concurrence généralisée et la recherche du profit maximal. Tant que ce système perdurera, aucune configuration géopolitique, unipolaire ou multipolaire, ne pourra garantir la paix et la justice.
C’est pourquoi le socialisme demeure la question centrale. Non pas comme slogan vide de sens, mais comme projet concret d’organisation de la société : planification démocratique de l’économie, appropriation collective des richesses, coopération internationale fondée sur les besoins des peuples et non sur les intérêts des marchés. Le socialisme n’est pas une idée abstraite ; il est la condition de la survie humaine dans un monde secoué par des crises multiples : économiques, climatiques, sanitaires et militaires.
Abandonner Cuba, c’est abandonner l’une des dernières expériences qui démontre qu’un tel projet est possible. Renoncer à cette possibilité, c’est accepter que le monde reste inégal, violent et profondément injuste. À l’inverse, soutenir Cuba, défendre les peuples en lutte, refuser les compromis avec l’impérialisme, c’est maintenir vivante l’idée, et la pratique, d’un autre monde.
Un monde qui ne naîtra pas de l’équilibre entre puissances, mais de la volonté des peuples de reprendre en main leur destin. Un monde où la santé, l’éducation, la solidarité et la dignité humaine priment sur le profit. Un monde où la pauvreté, les guerres et les inégalités ne sont plus inévitables, mais combattues par des politiques courageuses et collectives.
Cuba nous rappelle que la lutte pour un autre monde est possible, mais qu’elle exige courage, solidarité et fidélité aux principes de justice sociale. Ceux qui abandonnent cette lutte abandonnent non seulement une île, mais l’espoir même d’un monde différent, équitable et libre. Et l’humanité, aujourd’hui plus que jamais, a besoin de ce phare.

MEHDI RAH