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Fernand Yveton, martyr de l’indépendance : la fidélité à l’Algérie jusqu’au sacrifice suprême

jeudi 12 février 2026, par Alger republicain

Le 11 février 1957, à l’aube glaciale de la prison de Barberousse, aujourd’hui connue sous le nom de Serkadji, la guillotine tombait sur Fernand Yveton. Avec elle, le pouvoir colonial croyait faire taire une voix, étouffer un engagement, intimider un peuple en marche vers sa liberté. Il n’a fait qu’inscrire un nom de plus au panthéon des martyrs de la Révolution algérienne. Fernand Yveton est mort pour sa patrie, l’Algérie. Il est tombé en martyr pour la cause sacrée de l’indépendance nationale.
Ouvrier tourneur à l’usine à gaz du Hamma, militant communiste, homme de conviction et de justice, Yveton n’était pas un homme de haine. Il était un homme de principes. Né en Algérie, fils de cette terre multiple et populaire, il a choisi le camp de ses compatriotes opprimés. Il a choisi l’Algérie libre, souveraine, fraternelle. À l’heure des renoncements et des silences complices, il a refusé l’injustice coloniale, refusé l’humiliation faite à la majorité de ce pays, refusé que la violence d’État soit la seule loi imposée à tout un peuple.
Arrêté en novembre 1956 pour avoir déposé une bombe dans son lieu de travail, un engin qu’il avait volontairement réglé pour ne faire aucune victime, Fernand Yveton n’a jamais cherché à fuir ses responsabilités. Son geste était politique. Il visait les structures du système colonial, non des vies humaines. Pourtant, la machine répressive s’est abattue sur lui avec une brutalité implacable. Torturé, jugé à la hâte, condamné à mort, il fut guillotiné malgré les appels à la grâce. L’État colonial voulait un exemple. Il fit un martyr.
Ce 11 février 1957, c’est un ouvrier algérien, un militant internationaliste, un patriote sincère qui montait à l’échafaud. En marchant vers la guillotine, il criait de toutes ses forces : « Tahya El Djazaïr ! » Car Fernand Yveton avait fait sienne la cause du peuple algérien. Il avait compris que l’égalité ne pouvait naître de la domination ; que la justice exigeait la fin du système colonial. Son engagement dément, à lui seul, les discours de division et les mythes d’une Algérie éternellement fracturée. Dans le combat pour l’indépendance, des femmes et des hommes de toutes origines ont uni leurs destins. Yveton fut de ceux-là.
Alger Républicain, fidèle à sa ligne éditoriale de défense des opprimés, de combat pour la vérité historique et pour la souveraineté des peuples, s’incline devant la mémoire de ce chahid. Rappeler Fernand Yveton, ce n’est pas seulement honorer un homme ; c’est réaffirmer le sens profond de la Révolution : la dignité, la justice sociale, la fraternité entre les enfants d’un même pays.
Son exécution n’a pas arrêté la marche de l’Histoire. Moins de six ans plus tard, l’Algérie arrachait son indépendance au prix d’immenses sacrifices. Dans cette victoire, il y a le sang des martyrs connus et inconnus. Il y a celui de Fernand Yveton, tombé pour que vive l’Algérie libre.
Aujourd’hui, alors que les générations se succèdent, son nom doit continuer de résonner comme un appel à la vigilance et à la fidélité aux idéaux de Novembre. Être digne de nos chouhada, c’est défendre sans relâche la souveraineté nationale, la justice sociale, les droits du peuple. C’est refuser l’oubli, refuser les falsifications, refuser l’indifférence.
Fernand Yveton n’a pas seulement affronté la guillotine. Il a défié l’ordre colonial au nom d’une idée plus grande que lui : l’Algérie indépendante. Pour cela, il demeure un symbole puissant de courage et de fraternité révolutionnaire.
Gloire à nos chouhada.
Tahya El Djazaïr.
Alger republicain