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L’Amérique est le jalon d’un vaste mouvement de conquête de nouveaux territoires ; c’est aussi le début de l’ère coloniale de Toute La Planète

mercredi 6 mai 2026, par Alger republicain

C’est un immense continent de l’hémisphère occidental. Il s’étend de l’océan Arctique au nord jusqu’au cap Horn, dans le passage de Drake, au sud, à la confluence des océans Atlantique et Pacifique qui le délimitent à l’est et à l’ouest, respectivement. Avec plus de 42 millions de km², c’est le deuxième plus vaste continent de la planète. Il concentre environ 13,3 % de la population mondiale, avec plus d’un milliard d’habitants. Ce chiffre a été estimé par des spécialistes de l’époque, suivant les connaissances en vigueur et sans intérêts particuliers à défendre. Il peut comporter quelques erreurs, mais dans tous les cas, il y avait très certainement une population dense sur tout le continent.

En plus, cet immense continent abritait d’importantes civilisations, notamment les civilisations précolombiennes : les grands peuples mayas, aztèques et incas. Les découvertes dans la forêt amazonienne de vestiges d’anciennes villes construites par les Incas le prouvent. Pour édifier de tels ouvrages, il fallait d’énormes moyens : des spécialistes dans tous les corps de métiers, des milliers de travailleurs qualifiés, des moyens de transport importants et surtout un outillage performant.
Ces peuples étaient aussi des agriculteurs. Ils cultivaient la pomme de terre, les poivrons, la tomate, les aubergines, les artichauts et le maïs sur des parcelles irriguées, des légumes inconnus en Europe. Beaucoup d’autres peuples « indios » existaient : les Mapuches, les descendants des Incas, les Sioux, les Apaches, les Cheyennes, les Navajos, les Iroquois et bien d’autres encore. La liste est très longue. Il y avait aussi de nombreux Asiatiques.
Ce ne sont là que quelques éléments significatifs de cet immense continent convoité par les monarques d’Europe.
Tout a commencé en 1492-1493 avec Christophe Colomb, qualifié par certains autochtones de personnage sinistre. Il avait une idée : trouver le continent indien. Fanatique religieux, il cherchait surtout de l’or pour financer les croisades au Moyen-Orient.
Il envisage de monter une expédition pour trouver d’autres territoires, mais il fallait des fonds pour la financer. Il parvient à ses fins et présente son projet aux rois catholiques d’Espagne. Après maintes discussions, ils donnent leur accord et prennent en charge le financement.
Le 3 août 1492 à l’aube, une flottille composée des caravelles la Pinta, la Niña et du navire amiral Santa Maria met le cap vers l’Ouest. Après plus de deux mois de navigation dans des conditions terribles, le 12 octobre 1492, presque par hasard, un homme crie : « Terre ! ». Colomb est persuadé d’avoir découvert l’Inde. Une erreur dramatique pour les peuples autochtones, qui perdent leur identité et deviennent « indiens », nom donné par les Espagnols.
On peut affirmer que Christophe Colomb est le premier Européen à fouler ce continent. Il débarque sur l’île d’Haïti, plante une croix et déclare le territoire propriété du royaume d’Espagne, faisant fi de ses millions d’habitants.
Ainsi, ses intentions sont claires : conquête et exploitation. Les autochtones deviennent esclaves. Il fait construire un fort pour asseoir sa domination.
C’est donc bien Christophe Colomb qui pose la première pierre du colonialisme mondial, qui va se répandre sur toute la planète.
En 1493, il organise une deuxième expédition, plus importante : 17 navires, 700 soldats, des prêtres, des médecins, des chevaux, financés par les rois catholiques.
Les conquistadors, mercenaires violents et avides de richesses, participent à cette conquête. Ils ne forment pas une armée au sens classique, mais des groupes brutaux motivés par l’or et le pillage. D’autres nations européennes : Anglais, Français, Portugais, Hollandais suivront avec la même violence.
L’Église, puissance majeure en Europe, soutient ce mouvement, voyant les bénéfices qu’elle peut en tirer. Elle encourage la colonisation et l’émigration vers le « Nouveau Monde ».
S’ensuit une migration massive : des milliers d’Européens affluent vers ces terres riches en ressources naturelles : forêts, fleuves, faune et flore exceptionnelles.
La colonisation s’organise. Le continent est divisé en Amérique du Nord et Amérique du Sud, nom inspiré d’Amerigo Vespucci.
Mais les autochtones résistent. Les conflits deviennent violents. La répression est impitoyable : massacres, esclavage, exploitation.
Face aux critiques, l’Église organise la controverse de Valladolid. Les Indiens sont reconnus comme humains, mais l’esclavage continue. Une solution est proposée : remplacer les Indiens par des esclaves africains.
Des millions d’Africains sont capturés, vendus et déportés dans des conditions atroces. Beaucoup meurent durant le transport. Les survivants sont vendus comme marchandises.
Pendant des siècles, esclavage et exploitation perdurent. Malgré cela, les révoltes sont fréquentes, comme celle menée par Toussaint Louverture en Haïti.
Les populations autochtones subissent massacres et exterminations massives. Beaucoup sont déplacées dans des réserves.
Au fil des siècles, les colons européens s’imposent et remplacent les populations locales.
En 1776, après près de trois siècles, est proclamée la création des États-Unis d’Amérique.
Ainsi, l’Amérique s’inscrit dans un vaste mouvement de colonisation mondiale initié par les puissances européennes, notamment l’Angleterre et la France, qui bâtiront de grands empires coloniaux.
LIÈS SAHOURA