COMMUNIQUE Aux travailleurs, à la jeunesse et au peuple A propos de la suite des événements au Burkina Faso

mardi 25 novembre 2014

Si tous les démocrates du monde ont salué l’insurrection exemplaire du peuple burkinabé contre le régime dictatorial de Blaise Compaoré, la suite des évènements, notamment la nomination du Président de la Transition ainsi que celle du 1er ministre, tous du sérail de l’ancien dictateur, entraine des inquiétudes légitimes au niveau des démocrates qui s’indignent de voir la victoire du peuple burkinabé récupérée par leurs ennemis.

Dans notre pays des débats s’organisent à ce sujet. Et les commentaires de dénoncer la non préparation de « l’opposition », la non prise du pouvoir aussitôt par les insurgés pour aboutir à l’inutilité de l’insurrection. « Tout ça pour ça ? » entend-on dire.

Face à cette tendance qui peut pousser au découragement des masses au vu de la récupération de la victoire et du maintien du système, le Parti Communiste du Bénin publie le communiqué dont la teneur suit :

« Le peuple burkinabé insurgé dans un assaut formidable a démoli en 24 heures les institutions anti-peuple du pouvoir dictatorial de Blaise Compaoré ». Il a rappelé à tous les peuples par la pratique le droit souverain du peuple à l’insurrection. A partir de là rien ne sera comme avant pour le peuple burkinabé.

Mais il est remarquable que le peuple insurgé n’a pas aussitôt pris le pouvoir pour ne s’y être pas sérieusement préparé. Il est également remarquable que cette situation a laissé un boulevard aux ennemis avec le soutien manifeste de l’impérialisme français pour reprendre les choses en main. Ces faits douloureux pour tous les démocrates et révolutionnaires constituent également des leçons qui ne sauraient remettre en cause la « beauté » de l’exploit du peuple burkinabé. La non prise du pouvoir par le peuple insurgé est imputé dans beaucoup de débats à l’opposition qui aurait été prise de court et ne serait pas préparée à assumer le pouvoir insurrectionnel.

La vérité est que l’opposition haute-bourgeoise, ici et ailleurs n’a jamais voulu de l’insurrection, ni surtout de la prise du pouvoir par des insurgés. C’est pourquoi elle combat toujours le droit du peuple à l’insurrection afin de laisser l’initiative aux oppresseurs. Et lorsqu’on s’acharne à nier un phénomène qui est indépendant de la volonté de qui que ce soit, fatalement, l’on est désarçonné lorsque le phénomène survient.

L’on doit alors comprendre que l’acharnement de la haute bourgeoisie de chez nous, au pouvoir ou non, à tirer de l’expérience burkinabè la leçon de l’inutilité de l’insurrection contre le pouvoir discrédité, corrompu et provocateur de Boni YAYI, vise également et surtout à empêcher les travailleurs et le peuple de se préparer à prendre le pouvoir à l’issue de leur insurrection et balayer ainsi le système de fraude, de corruption, d’arbitraire et d’apatridie en place.

Tous ceux qui honnêtement regrettent que le peuple burkinabè se soit fait voler sa victoire doivent plus que jamais :

- Encourager le peuple béninois à préparer sérieusement l’insurrection afin d’aller plus loin que le peuple burkinabè

- Soutenir le mot d’ordre du pouvoir des travailleurs et des peuples et œuvrer à sa matérialisation, gage de l’érection de la volonté du peuple en loi.

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Cotonou, le 20 novembre 2014

Pour le PCB

Le Porte-parole

Jean Kokou ZOUNON